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Pou suivre notre itinéraire:
http://www.turistel.cl/v2/secciones/mapas/ruteros/aisen.htm
Nous avons quitté un peu précipitamment
Tortel après avoir revu Lionel le pyrénéen qui lui aura fait la Carretera à
pied
depuis Puerto Montt (il y a
des fous partout) et nous nous sommes retrouvés à O’Higgins, une bourgade de
douze
cuadras (pâtés de
maisons), là le résidencial “Carretera Australe” de Doña Sonia nous a
offert chaleur du poêle et
table d’hôte bien garnie.

Après
une traversée du lago O’Higgins avec le tout nouveau navire flambant neuf, nous
quittons le Chili entre lac et
montagnes
enneigés sous un ciel bien bas. A bord, nous retrouvons Laurent un compatriote
et Cédric un suisse deux
cyclistes
déjà rencontrés sur la route avec qui nous traverserons vers l’Argentine sur
monter
et 7km de chemin de randonnée pour redescendre, d’autres le ferons sac au dos
comme Antonio l’espagnol.

L’Aventure
commence alors….
D’un commun accord, nous décidons
de louer des chevaux pour le transport des sacoches, nous traverserons alors
plus
facilement nous permettant
ainsi d’avoir le dernier bateau de la semaine du côté argentin, tous les
cyclistes rencontrés
auparavant, qui arrivaient du
sud, nous ayant promis un chemin impraticable avec les vélos chargés.
De palabres en négociations,
le propriétaire accepte le transport mais en nous promettant de nous rattraper
à temps…
nous n’avons plus le choix déjà
plus d’une heure de perdue, nous devons lui faire confiance!!!!

Malgré
la pluie qui ne nous quitte pas les kilomètres se font à un rythme correct, nos
deux compagnons ayant décidé de
filer
plus avant, histoire de retenir le bateau pour nous.
Puis soudain, la piste
aboutie à un pont en ruine, nous allons devoir trouver un passage à guet ce qui
signifie quitter les
chaussures et passer dans le
torrent provenant des glaciers alentours jusqu’aux genoux (effet tonique
garantie pour les
jambes, promis). Le temps
défile, il faut tracer sous la pluie qui redouble entre petits ponts
glissants, mares de boues,
enjambés de troncs d’arbres,
tout cela avec nos vélos dégoulinants
de terre. Enfin nous atteignons la frontière argentine
et la fameuse descente, un
sentier de 60cm de large creusé sur 40cm de profondeur, le sol est glissant et
les freins ne
répondent plus qu’à 20%, tout
est plein de boue nous et les vélos, mais il faut descendre à temps.
Sans faillir nous arrivons
après 5 heure, en vue du lago del desierto et du bateau qui nous attend. Il est
17h45.
Malheureusement pour nous nos
bagages eux n’arriverons qu’après le départ de la lancha, notre homme n’a pas tenu sa
promesse, il ne sera payé que
pour deux chevaux sur les trois par contre.
La pluie et le froid nous
obligent à rester au refuge des gendarmes, où avec nos compagnons d’infortune
nous passons
une agréable soirée deux
français, un suisse, un italien et un espagnol

Moral
remonté, batteries rechargées nous nous laissons convaincre par la maréchaussée
locale que le chemin de 11km
qui
longe le lac pour l’Argentine est praticable avec nos vélos chargés, nous
évitant ainsi deux jours d’attente

Et la
galère commence...
Plein d’espoir nous démarrons
vers 10h lorsque la pluie s’estompe. Après quelques km au bord du lac puis sur un chemin
praticable en poussant la
majorité du temps les vélos chargés, nous abordons un secteur plus pentu où
nous devons être
à deux par bicyclette. Nous
sommes quatre pour le moment et tout le
monde s’entraide, mais les heures défilent et le
parcours se fait de plus en
plus difficile. Nous devons décharger les sacoches pour passer des blocs de
pierre, des troncs
et des montées glissantes où le
sol se dérobe sous nos pieds et nos roues. Portages de vélo, de sacoches se succèdent
et
la journée est alors trop avancée
pour pouvoir envisager de passer avant la nuit avec tout l’équipement. Nos deux
compagnons
choisissent de transporter
leur nécessaire pour la nuit et de remettre celui des deux roues au lendemain.
Quand à nous, puisque
nous avions prévu un jour
d’avance en nourriture nous décidons de bivouaquer.
Fatigués nous nous égarons de
quelques centaines de mètres sur ce sentier sans balisage et nous aboutissons
au mirador
Ramirez où nous passons la
nuit, nature sauvage face au glacier, vent et pluie au rendez-vous.
Au matin, nous devons rebrousser chemin pour retrouver le bon
passage entre landes et bosquets et c’est là qu’Ezio
trouvera des traces vraisemblablement
de puma.

Pour
nous aussi finies les navettes, nous chargeons sur les épaules une bonne partie
du matériel et Ezio reviendra plus
tard
reprendre les vélos, nous croisons alors les deux compères qui viennent récupérer
ce qu`ils avaient laisser derrière
eux et
qui nous rapportent un grand sac à dos, quelle merveilleuse idée Cédric...
Encore 5 heure avant
d’atteindre le bout du lac et Ezio devra faire encore deux navettes, une le
jour même et l’autre au
petit matin. Il nous aura
fallu au total 2 jours et demi pour en réalité 14 km de sentier, avec juste une
crevaison pour nous,
ce qui n’a pas été le cas
pour les deux autres. Comme l’a dit notre ami suisse « ce n’est plus un centime pour un kilomètre
pour la traversée du lago del desierto mais plutôt 1
euros par mètre »
Fatigue et douleur physique,
mais surtout entraide et ténacité ont dominé pendant ces trois jours qui
marqueront d’une
manière particulière cette
partie du voyage.

Arrivés
à El Chalten après avoir découvert du ripio
le Mont Fitz Roy, en langue aoniken Chalten –la montagne qui
fume,
nous
récupérons quelque peu de nos émotions.
Les deux jours suivants vont être destinés à la
randonnée et comme tout un chacun qui séjourne ici, nous chaussons nos
chaussures
de rando (les mêmes que pour le vélo) pour le Cerro Torre -6h pour 22km, et le
Fitz Roy -8h pour 20km. Le vent
s’est
levé, mais les paysages découverts sont beaux à couper le souffle, entre
bosquets et morènes lorsque nous arrivons
aux
pieds de ces géants de pierre, défis d’alpinistes chevronnés, nous savons
pourquoi nous avons grimpé jusque là après
quelques
heures d’effort.
Il
nous faut repartir et reprendre les deux-roues abandonnés, cette fois c’est la ruta 40 qu’il va nous falloir affronter,
une
immensité de platitude sans eau potable à disposition, d’ou la nécessité de
nous charger en eau pour être complètement
autonome
sur la journée, le ravitaillement pouvant se faire tous les 50/100 km dans les estancias, les lacs, les postes de
vialidad ou ceux de police. Après seulement une quinzaine de kilomètres
de piste nous retrouvons l’asphalte, mais le
vent
persiste et signe, je me demande comment faire face à ce nouveau défi.
Mais
les promesses de vent favorable d’Ezio ce sont révélées exactes, après quelques
temps de retenu mains sur les
freins
je me lâche, ”le vent dans les voiles” nous filons; je ne fais plus la course
avec les libellules mais avec les ñandus
et
les guanacos. Les kilomètres défilent et les records de vitesse aussi 40km/h
pour Ezio et 5 de moins pour moi, sans pédaler.

Il
n’y plus rien ici, horizon à perte de vue, quelques buissons, quelques collines
pour donner un peu de relief au paysage.
Malgré
tout c’est la zone où nous voyons le plus d’oiseaux qui se sont réfugiés sur
les lagunes qui ponctues ces étendues
arides
où nous nous arrêtons pour des pauses photos.
Les kilomètres défilent incroyablement
vite et après jours quelques à Puerto Natales pour de bons repas.
